Le Vipassana (retraite silencieuse de 10 jours) a changé ma vie. Le Vipassana m’a surtout appris quelques leçons que j’ai intégrées et que j’utilise au quotidien pour mieux gérer mon mental. Avant le vipassana, je m’intéressais déjà à l’équilibre mental et à la pleine conscience… J’avais beaucoup lu à ce sujet et comprenais la théorie. Cependant faire l’expérience de la pleine conscience à plein temps durant la retraite m’a permis de réellement m’approprier ces leçons et principes.

Accepter ce qui est

J’ai compris durant le Vipassana qu’il était souvent contre-productif de vouloir changer les choses, les êtres qui nous entourent, les situations auxquelles on fait face. Pendant cette retraite du silence, on apprend à être observateur de la situation et à ne pas “réagir” à cette situation. Tout ce que l’on fait pendant les méditations se résume à observer. Cela passe par la prise de conscience de notre propre respiration tout d’abord et de nos sensations physiques. On devient un observateur de la réalité, de notre monde intérieur. Alors que dans la vie quotidienne, on est constamment en action ou en réaction, ce mode de fonctionnement nouveau nous permet par la suite de prendre du recul par rapport à une situation donnée. Soudain en Vipassana, on devient observateur de ce qui est et on met de côté l’action. Par exemple, au lieu de bouger lorsqu’une sensation physique désagréable arrive, on l’observe et on finit par l’accepter.

Ce que ça a changé : Désormais, au lieu de perdre du temps et de l’énergie à vouloir modifier tout ce qui n’est pas exactement comme je souhaiterais que ce soit, ou à me dire “et si c’était différent…”, je me concentre sur autre chose…ce qui me fait du bien par exemple, les projets sur lesquels mon action a un impact concret. J’ai appris à faire taire mon mental qui voudrait souvent changer des éléments incontrôlables pour me concentrer sur les choses sur lesquelles je peux avoir une réelle influence. L’idée est de “faire équipe” avec la réalité plutôt que de la rejeter… C’est bien plus reposant !

Tout est impermanent

Tout change et se transforme. Lorsque l’on est en méditation Vipassana, on prend régulièrement conscience de sensations physiques pendant les méditations. Lors du quatrième jour de Vipassana, en plus de l’observation constante de nos sensations en méditation, une difficulté supplémentaire est ajoutée. Trois fois par jour, on expérimente une “heure de forte détermination”. Durant cette heure de méditation, on scanne son corps mais on ne peut pas bouger. Vos jambes vous font mal ? Dommage. Vous souhaitez vous gratter la tête ? Pas possible ! Durant l’heure entière, le focus est projeté sur les sensations. Et il y en a des sensations ! Tout-à-coup, on se focalise sur une douleur en particulier (souvent les jambes pour moi) on peste, on râle intérieurement. On se dit qu’on ne va pas pouvoir tenir, et qu’il va bien falloir changer la posture. Mais finalement, on finit par accepter de passer à autre chose (dans la limite de ce qu’il est possible de faire immobile et en méditation bien sûr 🙂 ). Comme par miracle, la douleur s’estompe. Jusqu’à la douleur suivante, dans une autre partie du corps !

Ce que ça a changé : L’expérience de ces sensations physiques a eu il me semble un effet profond sur mon cerveau, mon inconscient. Mon mental a intégré que tout ce qui semble insupportable à un moment donné et qui nous obsède peut bien vite se dissiper. Autant ne pas en faire une maladie !

Tout ce que l’on lit regarde, écoute reste en soi

Durant les longues méditations, des passages entiers de films me sont revenus en tête, des musiques, des conversations que j’avais eues il y a peut-être 15 ans ou plus. J’ai réalisé l’importance de tout ce que l’on se met dans la tête : tout reste quelque part dans notre inconscient. Et même si on ne l’utilise pas au quotidien ou si on n’y pense plus, cette information est en réalité stockée dans notre cerveau. Après des journées entières à méditer, on finit par contacter à nouveau ces informations enfouies dans l’inconscient.

Ce que ça a changé : Je fais plus que jamais attention à ce que mon cerveau reçoit ! C’est un choix mais depuis le Vipassana, je ne regarde presque plus les informations. Je trouve les médias très anxiogènes, et préfère l’information creusée aux images chocs et immédiates. Je fais attention à la musique que j’écoute, aux films que je regarde. Comme la prise de conscience de ce que je donne à mon corps pour être en bonne santé, je fais aussi attention à ce que mon cerveau “consomme”. Je limite la “malbouffe” de l’esprit !

Je ne suis pas mes pensées

C’est peut-être une information très basique mais pour moi cela a été une vraie révélation. Avant le Vipassana, j’avais lu le livre de Eckart Tollë “Le pouvoir du moment présent” et j’avais compris la théorie de la désidentification de ses pensées. Cependant, tout a changé lorsque que j’en ai fait l’expérience. L’expérience, c’était d’observer pendant 10 jours le flot incessant de mes pensées, tout en tentant de les canaliser.

Ce que ça a changé : J’ai réalisé que mes pensées étaient externes à moi, que je pouvais me désidentifier de ces pensées, ne plus les subir mais les maîtriser. Cela change tout car j’ai le sentiment de prendre le dessus sur mon mental.

Le cerveau fonctionne comme un muscle

Pour finir, le Vipassana était en fait un entraînement intensif de mon cerveau. Plus ou moins souple ou dissipé selon les profils (certaines personnes ont un mental très fort, presque handicapant), il est pour moi comme un outil que je souhaite mettre à mon service. Il est hors de question désormais que mon mental me desserve… Par exemple qu’il me rende inquiète ou parte dans la surenchère de pensées inutiles, répétitives. Je préfère l’utiliser comme un outil pratique de travail, d’aide à la prise de décision. Je ne pense pas pouvoir domestiquer mon mental à 100%. Cependant, avec un entraînement de 10 jours lors du Vipassana à mesure de 10 heures par jour, suivi d’une méditation quotidienne depuis, j’effectue une “gymnastique” du cerveau qui me permet de bien mieux l’utiliser.

Ce que ça a changé : J’ai conservé la méditation quotidienne les jours de semaine. Comme une douche le matin, c’est nécessaire à mon équilibre pour nettoyer mes pensées.

En résumé, le Vipassana n’est pas un exercice facile mais les bénéfices sont tels que je suis ravie de m’être lancée dans l’aventure. Aujourd’hui je comprends mieux les méandres du mental. Si le coeur vous en dit !

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