Florence a une voix très douce. Après une heure passée à discuter avec elle, je me suis sentie parfaitement détendue. Sans doute les bienfaits de ses propos déculpabilisants, sa vision apaisée de la vie et la grande empathie qu’elle dégage.

Je vous laisse faire connaissance avec cette psychopraticienne, thérapeute familiale, ancienne éducatrice spécialisée, formée à la PNL, à l’art thérapie et auteure d’un livre sur la parentalité. 

Quelle est la première chose que tu fais en te levant ?

J’ai des journées qui varient pas mal mais j’essaie toujours d’avoir mon petit rituel, prendre une tisane ou un thé en prenant le temps de démarrer le matin.

Qu’est-ce qui te donne de l’énergie ?

J’aime bien varier. Il n’y a pas un truc qui va me motiver tout le temps. À une période, ça peut être d’écrire un livre, à un autre moment de concevoir un projet, ou encore d’apprendre, de lire. J’ai besoin de varier.

Quel livre a changé ta vie ?

La puissance de l’acceptation de Lise Bourbeau.

Ce livre m’a aidée dans une période un peu difficile pour moi. J’avais des problèmes de santé et un énorme manque d’énergie. Grâce à lui, j’ai pu accepter la situation et voir ce que je pouvais en faire. 

Petit à petit, je me suis sentie plus alignée et j’ai appris à m’écouter. Si certains jours j’avais moins d’énergie, je pouvais me reposer, rester sur le canapé, boire une tisane, lire un livre ou ne rien faire. J’avais le droit, c’était « OK ». Le fait simplement d’accepter la situation m’a permis d’être moins stressée, de penser à de nouveaux projets et de renouer avec d’anciennes passions comme l’écriture par exemple. J’adaptais mes journées à l’énergie que j’avais et j’arrêtais de lutter contre mon corps.

Une citation que tu aimes et pourquoi ?

« La solution est en vous. »

Alors je ne sais pas vraiment si c’est une citation, mais j’aime beaucoup cette phrase.

Ça traduit ma façon de travailler en consultation. Quand quelqu’un vient en me disant « ça ne va pas, mon conjoint doit changer » je lui dis que non, qu’on ne peut pas changer les autres. On est toujours acteur de nos vies et si quelque chose nous pose problème il n’y a que nous qui pouvons le changer.

Tu as quinze minutes supplémentaires dans ta journée, comment les utilises-tu ?

J’aime beaucoup me poser, être dans l’instant présent et profiter. Je peux me poser dehors chez moi ou sur un banc dans un parc et profiter du soleil, je peux passer du temps avec ma fille si elle est à la maison, prendre un bain aussi, ça va dépendre du moment.

Quel conseil aurais-tu donné à la personne que tu étais il y a dix ou vingt ans ?

“Fais-toi confiance”. 

Les choix que j’ai fait, je ne les regrette pas, chacun m’a permis de découvrir des choses sur moi, sur les autres, la vie et mon métier. 

Comment t’es-tu tournée vers le métier de thérapeute ?

Au départ, je voulais être professeur de français. Mais en parallèle, je voulais être musicienne aussi. Je jouais du piano et de la clarinette depuis toute petite. La musique était pour moi le seul moyen de m’exprimer et d’exprimer mes émotions mais je ne voyais pas vraiment comment en faire mon métier donc j’ai décidé d’être prof.

Durant ma formation, j’ai enseigné en filière professionnelle, j’ai alors passé beaucoup de temps à essayer de comprendre les élèves et à les motiver du mieux que je pouvais. J’adorais ça. Par contre avec le temps, j’ai constaté de réels dysfonctionnements dans le système scolaire et j’ai préféré arrêter avant même d’avoir obtenu mon diplôme.

Par la suite, j’ai découvert le métier d’éducatrice spécialisée et ça me parlait beaucoup plus. 

À la fin, je devais faire un mémoire. J’ai choisi de le faire sur la musique et c’est ainsi que j’ai découvert la musicothérapie. J’ai ensuite décidé de me former en art thérapie avec une spécialisation en musicothérapie et à la thérapie systémique. 

Comment définis-tu « l’art thérapie » ?

C’est comme une psychothérapie sauf qu’au lieu d’utiliser la parole on va utiliser le dessin, la peinture, le collage, le coloriage, la poterie, la danse, le théâtre. Toutes les formes d’art possibles. 

Et comment définis-tu ton approche ?

J’utilise l’approche systémique qui me permet de travailler seule avec la personne puis de demander à d’autres personnes de nous rejoindre au fil des séances si nécessaire. Il peut s’agir du conjoint ou d’un membre de la famille. Le but étant d’avoir une vision globale de la personne dans son contexte.

Sinon dans ma manière personnelle d’appréhender les choses, je vais faire preuve d’énormément de bienveillance, d’ouverture d’esprit. Il y a aussi cette idée que je ne suis pas là comme « experte », je suis là pour accompagner la personne et l’aider à prendre du recul et regarder les choses d’une manière différente car au final, la solution est en elle. 

L’approche systémique, qu’est-ce que c’est ?

Alors, on l’oppose souvent à la psychanalyse. Dans la psychanalyse, on va prendre en compte l’individu, son passé, etc. Dans la systémique, on considère que l’individu n’est jamais un individu seul, qu’il est en interaction et que tout est système. La famille est un système, au travail avec les collègues, on forme un système, et chacun des éléments du système est en interaction les uns avec les autres. 

On considère alors que dans chaque système, il y a un équilibre qui est trouvé. Même s’il n’est pas parfait, c’est un équilibre auquel on est habitué. Il y a ce principe que l’on appelle l’homéostasie, qui considère que si un des éléments du système change, ça va déséquilibrer le système dans son intégralité, tous les éléments vont alors se mettre au travail pour rétablir l’équilibre initial. C’est ce qui fait que le changement est difficile, car il exige une période de flou, de chaos, où on n’a plus les mêmes repères, où on est tenté de repartir en arrière car c’est plus confortable et on doit dépasser tout ça pour arriver à un nouvel équilibre. 

Qu’est-ce que tu aimes dans ce tu fais ?

Cette impression d’avoir une palette de peinture avec toutes les couleurs qui me permettent de créer la mienne où toutes les couleurs sont importantes. Par couleurs, j’entends le travail à la maison, le contact avec les gens, transmettre des choses, en apprendre de nouvelles, me rendre compte qu’un conseil ou un regard différent peut aider les gens. 

Une première séance, ça se passe comment ?

Je sais que ça peut être stressant de consulter un thérapeute. Du coup avant même la première séance, je leur envoie un document qui explique ma façon de travailler, ce à quoi moi je m’engage (les accompagner au mieux, faire des recherches si besoin…) et ce à quoi eux s’engagent comme par exemple me dire si à un moment ils se sentent moins à l’aise ou en confiance, ou ont l’impression de tourner en rond. À ce moment-là, on en parle et on trouve ensemble une solution. 

Aussi pour atténuer un peu cette peur de la première séance, je leur propose un petit questionnaire avec des questions simples. Je leur demande s’ils ont déjà consulté un thérapeute et ce qui leur a plu ou déplu, comment ils fonctionnent, est-ce qu’ils ont besoin de douceur ou au contraire d’être un peu bousculés ? Je les questionne aussi sur la difficulté qu’ils rencontrent et leurs attentes.

Je les préviens également que pendant les premières séances, ça va partir dans tous les sens parce que j’ai besoin d’apprendre à les connaître et connaître le milieu dans lequel ils évoluent. Tout comme d’ailleurs ils ont besoin d’apprendre à me connaître. Donc oui, ça peut vraiment partir dans tous les sens mais c’est normal et nécessaire pour comprendre le problème et commencer à travailler dessus.

Quelles techniques conseilles-tu ou celles qui t’ont le plus aidée ?

Dans ma pratique, il y a quelque chose qui revient très souvent, c’est ce que j’appelle des « petits devoirs » qu’on peut mettre en pratique à la maison et qu’on n’est absolument pas obligés de réussir. Je leur demande de faire le bilan le soir (ou n’importe quand) de trois choses positives qu’ils ont vues ou vécues dans la journée. Ça permet de focaliser différemment son attention sur des choses ou des relations et ainsi ne plus se concentrer uniquement sur ce qui ne va pas.

Et souvent après deux ou trois semaines, ça devient naturel. Alors il ne s’agit pas de vivre dans le monde des « Bisounours » mais plutôt d’agrandir son angle de vue sur la réalité. 

Quel serait ton conseil pour une personne qui cherche à mieux se connecter à elle-même ?

S’autoriser à se poser ne serait-ce que cinq minutes et se recentrer sur ses sensations, ses émotions et ses besoins. Cinq minutes, c’est rien dans une journée mais souvent on ne le fait pas car on court partout. 

Des projets ?

Plein ! 

Là, j’ai terminé le manuscrit d’un livre sur la parentalité.

Je travaille aussi avec une illustratrice sur un jeu de communication pour les couples sur les bases de la communication non-violente.

J’ai une idée aussi que j’ai essayé de mettre en place, mais qui ne prend pas vraiment, que j’ai appelé « Le check-up Bien-être ». Un peu comme on va passer régulièrement au garage faire la révision de sa voiture, je pense qu’on devrait faire la même chose avec nous-même. Aller de temps en temps chez le psy, comme on peut aller de temps en temps chez le médecin, juste pour voir si tout va bien, refaire le point et éventuellement certains ajustement. Je trouve que ça nous ferait du bien et que ça devrait même être remboursé par la sécurité sociale, mais ça c’est une autre histoire.

Il y a aussi une belle initiative…

Oui, avec des collègues, on a décidé de créer « La séance suspendue ». Un peu dans le principe du café ou de la baguette suspendue. N’importe qui peut payer une séance pour en faire bénéficier une personne qui ne peut pas s’offrir nos services. Pour l’instant c’est resté assez discret. Il faudrait qu’on communique plus dessus.

Comment peut-on te contacter ou prendre rendez-vous ?

Par mail mais aussi via mon site internet ou ma page Facebook.

Pour aller plus loin:

https://www.greenroom.fr/118464-therapeute-metal-enfants-soigner/#KLSjIHGbj6uS2yxI.97, Florence Beuken, la thérapeute qui soignait des enfants en leur passant du métal.

https://leparisdeslardons.fr/une-super-therapeute-familiale/ Florence Beuken, une super thérapeute familiale! Mais pas que…

http://therapeutemaispasque.over-blog.com/

http://www.psychologue.levillage.org/sme1020/10.html, Le point de vue systémique et communautaire.

https://youtu.be/674kBhIFDnQ, L’acceptation, par Christophe André.

Pour contacter Florence: 

Site internet: http://www.ecoutedesoi.fr 

Mail: ecoutedesoi@gmail.com 
Page Facebook: https://www.facebook.com/ecoutedesoi/

Et pour consulter des articles d’autres spécialistes, vous en avez ici et ici,

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