Quand le développement personnel se mêle au monde de l’entreprise, ça donne de nouvelles façons de penser le travail que ce soit la hiérarchie, la charge horaire, le bien- être, la bonne entente entre collègues, trouver du sens à ce qu’on fait. Mais si au fond se soucier du bonheur de ses employés n’était pas juste une prise de conscience du fait que l’entreprise se compose avant tout d’êtres humains ?

Les géants de la tech donnent le ton

Si on étudie un peu les précurseurs en la matière type Google, Linked In, Salesforce, Facebook et autres leaders de l’ère digitale, le développement personnel et le bien être en entreprise est un élément phare et déterminant de l’image de leur entreprise. Cette image est véhiculée par des jeunes cools, accros au yoga et à la méditation. Il semblerait que cette formule marche plutôt bien si on regarde leur chiffre d’affaires et la productivité de leurs employés, qui travaillent néanmoins de façon intensive. Depuis, on peut noter que les entreprises plus traditionnelles où règne un ordre hiérarchique sans fin et au budget CE limité aux tickets restaurants ou à la salle de gym d’à côté commencent à bouger.

Des initiatives variées pour le bien des employés

Cela commence aux sessions de coaching pour mieux planifier sa journée à de nouveaux modes d’organisation du travail, comme l’holacratie et autres plaçant l’intelligence collective en tant que raison d’être de l’entreprise. Les plus avant-gardistes iront jusqu’à recruter des Chief Happiness Officer, personnes qui s’occuperont exclusivement du bien être des employé.e.s, organiseront des ateliers sur les bienfaits de la méditation, chercheront une structure hiérarchique plus légère. On célèbrera donc la collaboration plutôt que l’autorité, la flexibilité et le home office, sans oublier une implication philanthropique dans le domaine associatif. En somme ces entreprises vont déployer du temps libre à leurs employé.e.s pour qu’ils/elles se sentent en forme, plus zens et aussi créent plus de liens entre collègues. Mais est-ce une mode qui passera où sommes-nous vraiment en train de changer d’ère dans le monde de l’entreprise ?

Encore une marge de progression pour la France

Le baromètre Endered-Ipsos a publié en 2016 le bien-être au travail sur 15 pays. Les résultats révèlent que l’Inde détient le record de satisfaction, avec près de 9 salariés indiens sur 10 positifs (88%). Et le Japon, loin derrière les autres pays avec seulement 44% des salariés Japonais se déclarant bien dans leur travail. Avec 67% de salariés qui s’estiment satisfaits de leur bien-être au travail, 7 points de moins que son voisin allemand, la France se place en bas du classement. Notamment du fait qu’à peine plus d’un Français sur deux considère que leur entreprise met en place des politiques actives en matière de bien-être au travail.

Et si on mettait l’intelligence émotionnelle au centre de l’entreprise ?

Alors pourquoi et comment l’entreprise pourrait être plus soucieuse du bien-être de ses employé.e.s ? On a longtemps privilégié un mode d’intelligence basée sur l’apprentissage, les diplômes, mais rarement sur l’intelligence dite plus émotionnelle. Or celle-ci est devenue un élément de plus en plus important dans le monde de l’entreprise. Après tout elle est constituée d’êtres humains tous différent.e.s qui doivent travailler ensemble et donc communiquer ensemble. On réalise qu’un bon manager se doit être non seulement un bon leader, mais un bon communiquant. Que savoir gérer son stress et ses émotions permet d’améliorer la qualité du travail. On parle de plus en plus de communication non violente, des bienfaits de méditer pour être plus connecté à soi, à ses émotions et aux autres. Au final, on se dit que c’est quand même plus constructif et sympa de travailler dans un environnement humain et rempli de bienveillance. Ces valeurs qui ont été oubliées par l’entreprise dont la raison d’être était plus tournée vers la croissance des profits que du bonheur humain sont désormais plus valorisées, notamment par le biais des start-ups qui se sentent plus responsables de leur impact humain et environnemental. Qui plus est, des employé.e.s épanoui.e.s s’investissent davantage dans leur travail. D’après une étude de l’université de Warwick, être heureux permettrait d’augmenter la productivité de 12%.

La quête de sens à tous les étages

Autres questions liées au bien être en entreprise, et qui sont les plus complexes, celles reliées au temps de travail et au sens. Qui ne connaît pas quelqu’un.e, et bien souvent des femmes entre 25 et 35 ans j’ai l’impression, se réorientant pour un travail donnant plus de sens, un job aux horaires plus équilibrés, ou lançant son propre business. En tout cas j’ai cette impression que l’entreprise à l’ancienne ne séduit plus vraiment notre génération. Comme s’il y avait une prise de conscience générale que certains comportements et approches n’ont aucun sens : faire du présentéisme jusqu’à 21h, évoluer dans un environnement compétitif sans bienveillance, travailler pour une entreprise qui est loin d’avoir un comportement éthique, qui ne valorise pas le travail que l’on produit, une trop grosse charge de travail nous mène jusqu’au burn-out. Pourquoi se donner autant si c’est juste pour une promotion ou une carrière ?

Un défi à relever

Plus d’humain, de connexions entre les employé.e.s, de connexion à soi, à l’autre, de bienveillance , un rythme plus « slow life », une prise de conscience sur le développement personnel et collectif, mais est-ce que c’est vraiment compatible avec le modèle compétitif d’aujourd’hui ? Tout est une question d’équilibre. Si les excès d’hier sont à présents remis en question, c’est aussi parce que nous vivons dans une société dont les besoins liés au travail ne sont plus exclusivement matériels. Si on revient à l’étude précédente, les Indiens ayant un moins bon de niveau de vie que le notre sont pourtant les plus heureux au travail. Les entreprises les plus résilientes au monde de demain seront certainement celles qui sauront répondre à ces questions, qui mettront en place un système de valeurs plus humain et en conscience tout en faisant face aux problématiques imposées par le système actuel, notamment face au chômage, aux métiers précaires mais aussi au changement climatique. Un sacré challenge, mais qui semble inéluctable et finalement très positif !

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